Becyk Republic

Laisse ton « becyk » rouler

À la rencontre d’un légionnaire romain

À la rencontre d’un légionnaire romain

(Samedi 16 septembre 2023)

30 kilomètres par jour.

C’est ce que marchait un légionnaire romain avec une charge de 20 kilos sur l’épaule.

Jules César raconte, dans ses mémoires, qu’il a fait faire, à ses légionnaires, une marche forcée de 74 km.

On sait aujourd’hui que le légionnaire marchait plus souvent qu’il ne se battait. Un fort sentiment de camaraderie était présent et il faisait tout pour protéger le porte-étendard qui était d’une grande importance pour maintenir le moral des troupes.

Tous les soirs, après leur marche, des campements fortifiés étaient dressés dont plusieurs d’entre eux sont devenus des villes aujourd’hui.

Le Chianti Classico

Lorsque l’on quitte Florence vers le Chianti, l’Arno cesse rapidement de parler et laisse toute la place au chant du Gallo Nero.

À force de kilomètres, apparaissent les terres ocre, les odeurs de sangiovese, les routes blanches traversant les collines endormies d’oliviers et de vignes et sur lesquelles vont se poser les villages. Chiochio, Greve, Panzano, Castelvecchi, Radda.

Doucement, l’heure se fixe. Contrairement à mon vélo, elle n’avance plus.

Je n’ai d’intérêt qu’à ressentir le lent frôlement du vent lors des descentes. Voir le soleil qui se joue de mon ombre et lire tous les noms des châteaux.

Les kilomètres s’accumulent. Derrière les remparts de Radda, le jour s’éreinte à rester debout.

La volonté du légionnaire

18 heures.

Castelnuovo. Cittá slow, je réserve la dernière chambre à Rapolano Terme. Les briques des remparts rougissent à la chance que j’ai.

19 heures.

L’heure limite. La route est accueillante pour me rendre à destination avant de rendre la lumière à la nuit.

100 kilomètres.

Il résonne à l’odomètre de ma conjointe beaucoup moins fort que le poing qui cogne à la porte de l’auberge depuis 15 minutes.

Personne pour ouvrir cette auberge dans cette campagne qui se referme dans la nuit. Nous voilà sans endroit pour dormir dans une ville où les stations thermales et ses hôtels à 1 000 euros la nuit débordent des remparts.

21 heures.

Alberto, légionnaire, est heureux de parler à nouveau français. L’heure tardive semble le réveiller et sème en lui cette envie de prendre soin de petits chiots perdus et sans niche pour la nuit. Entre âme charitable et perdu, on se reconnait.

Parfois, je perçois une sourdine sur son optimisme. L’’écho de ses appels s’échoue sur les remparts intérieurs de la vieille ville de Rapolano Terme me rappelant que nous n’avons nulle part où dormir ce soir.

22 heures

J’envie le chien couché devant la porte.

En camarade de légion, Alberto, téléphone à la main, tente de nous protéger. De nous loger pour la nuit. Une de ces nuits qui cimente la noirceur entre les étoiles, qui calme et endort les enfants et apaisant les adultes.

23 heures

Elle s’avance vers moi, me présente une clé qui m’appartiendra pour la nuit.

Le légionnaire marche déjà vers son abri.

Vu au bout de ma potence!

  • Les collines plantées de vignes et d’oliveraies.
  • La poussière blanche sur mon vélo empreinte de nostalgie
  • Les arrivées au sommet de chaque village.
  • Le Gallo Nero
  • Ne plus réserver une chambre à la dernière minute.
  • Alberto, le légionnaire.

By:


Laisser un commentaire

En savoir plus sur BECYK REPUBLIC

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture