
Une fois les pieds sortis du train en partance de Florence, j’ai vite fait mon entrée dans une tout autre dimension, les Pouilles.
Une couchette de train, 2 valises de vélos et les deux bouteilles d’eau. Plus un seul espace libre. Je serai 7 heures à dormir debout. Elle disait, cette préposée chez Trenitalia « Tout va entrer. Vous serez confortable pour dormir ».
Un peu comme cette goutte sueur. Tu ne sais d’où elle vient. Tu la sens descendre le long de ta colonne. Les mains prises, tu ne peux l’arrêter. Tu lâches prise et accepte la finale. Débarquer à Bari premiers moments du lâcher-prise de la réalité Toscane sur le quai de la gare.
Mario, cheveux gominés, nez et menton juste bien relevés et des yeux qui, sans impénitences, s’appuient, sans jamais être trop insistants, sur chaque robe qui balaie la devanture de son café. Prego d’une main, café de l’autre, nous voilà assis à la table. Un mot, trois gestes, de la compassion. Nous étions bienvenus parmi ses clients et je devinais qu’il était l’ancre de miséricorde de la via.
À cet instant, je venais de basculer dans la dimension des Pouilles.

Polignano a Mare
Je tente de trouver le gentilé des habitants de certains villages visités. Exercice amusant, mais presque impossible pour certains villages – Rapolano Terme, Asciano, San Quirico d’Orcia.
Par contre, pour d’autres, comme Pise, les Pisseux. Bari, les Barillets, les jeux de mots viennent à l’esprit tout de suite, ce qui me fait sourire quand la température s’élève.
Les premières enjambées de mon vélo, au départ de Bari vers Polignano, me transportent vers un autre siècle. Des tonnes d’ordures jonchent les bords des routes, les voitures, macchina malvagia, conduites par des Collinare, des schifoso occupent tout l’espace.
Soudain, au tournant d’un coin, tout s’apaise. Les odeurs de la mer soulèvent ma tête et m’invitent à plonger du haut des collines de Polignano. Mon élan doit se prendre entre les maisons blanches suspendues aux ruelles et aux falaises.
L’air marin et celui de la chanson Volare m’invitent à danse. Le scintillement lumineux de la lune sur la mer sera mon amoureuse ce soir.
Monopoli

J’ai réussi ce que je croyais impossible à réaliser. Le centre historique vaut, à lui seul, un voyage en Italie.
La Pucca s’honore à partager les saveurs des Pouilles. Le Primitivo, c’est le Primitivo.
Les volets verts qui se mélangeant au turquoise de la mer décorent chaque maison blanche. Les ruelles si étroites, ceinturées par les pierres des églises et des châteaux, sont couvertes de jolies terrasses.
C’est assis à l’une de ses terrasses que j’ai réussi l’impossible. De ma chaise, sans même me lever, j’ai pu abaisser le volume de la radio de l’auto qui passait près de moi tellement elle était proche.

Demain, Ostuni.
