Regina Viarum

Quand devenons-nous vieux?

Nous prenons rarement conscience qu’à chaque pas nous foulons légèrement plus cette terre de 4,5 milliards d’années.

Depuis ma naissance, je constate que notre référence à la vieillesse est reliée presque uniquement à ce que l’homme a construit et à sa durée de vie. Autant pour l’objet que l’Homme lui-même.

L’asphalte d’une rue est vieux après 15 ans. Ce trottoir est en fin de vie après 20 ans. Parfois, une nonna centenaire nous offre une perspective, un angle différent, de la durée du temps. Un siècle sur terre.

Est-ce les premiers pas vers l’éternité ?

Le but de l’art est d’arrêter le temps

Bob Dylan

Sur le port de Brindisi, bordant les rives de l’Adriatique, sur le haut de l’escalier de Virgile, ce sont plus de 2 300 ans d’histoire qui se dressent devant moi comme l’érection d’Hercule.

Une colonne romaine pose son ombre sur toute une ville. Du haut de ces 19 mètres, elle indique la fin de la via Appia.

Cette colonne, œuvre de l’art romain, est la dernière borne de cette voie romaine longue de presque 500 km et elle est la mieux conservée de toutes les voies romaines en Italie.

Encore aujourd’hui, elle est empruntée par des marcheurs, des cyclistes et d’automobilistes. De Rome à Brindisi.

L’art est la seule chose qui résiste à la mort

Malreau

Les quelques heures aujourd’hui à suivre la via Appia, entre Ostuni et Brindisi, me semblait, ma foi, assez banal. Outre le surnom de Regina Viarum que donnait les Romains à la via Appi et qui est à l’origine de l’expression prendre « la voie royale », ma route se résumait en trois mots, oliviers, mer, Torres. Let’s good Times roll!

Good times roll ! (The Cars)

Ce n’est qu’une fois au pied de ce colosse, cette colonne, que j’ai réalisé, ressenti, que l’Histoire a laissé des empreintes sur la via Appi. À différents moments de l’avant et de l’après Jésus-Christ, ce sont des soldats romains, l’apôtre Paul, des pèlerins chrétiens, des croisés qui ont marché cette via.

De la navette fluviale, épiée en tout temps par la colonne, les vestiges romains se mélangent aux monuments contemporains autour de la baie de Brindisi. Par-delà le port de mer, il y a cette voie, maritime, qui mène à Jérusalem.

En cette fin de soirée, l’air doux, porté par la mer, rejoint les Brindisiennes et Brindisiens sur la via Colonne. Notre italien, mélangé à son anglais approximatif, se traduit par une excellente Foccacia rustica et des polpettes.

Comme le personnage du roman de Jules Vernes, Le tour du monde en 180 jours, qui prit la mer à Brindisi, nous sommes presque les seuls touristes étrangers sur la Piazza.

Vu au bout de ma potence!

Rouler en plein heure de pointe à Brindisi.

Voguer sur le Dominique – Navette taxi.

Marcher la via Colonne.

Boire un Primitiva

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