Den Hagg

Je vous préviens, si vous lisez ce texte, aujourd’hui, vous ne devrez en parler à personne. Pas même à votre conjoint ou conjointe. À personne. Surtout pas aux gens familiers avec la région de Sherbrooke qui seront sûrement jaloux de tout ce que vous lirez. 

Parlant de Sherbrooke, vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il y a d’intéressant à visiter cette ville pour un touriste ?

Dès mes premiers pas dans les rues de Den Hagg, je me suis dit qu’il valait mieux ne jamais vous en parler, continuer ma promenade qui, somme toute, m’ouvrait l’appétit, accélérant ainsi l’arrivée à mon hôtel.

En poursuivant votre lecture, il vous sera peut-être impossible d’oublier ce que je vous raconterai. Peut-être même que mon récit hantera vos rêves ! Peut-être n’arriverez-vous jamais à voir Den Hagg, comme je l’ai vu !

Peut-être, finalement, que je vous raconte des histoires ! Que tout ce que vous lirez, je l’ai manigancé, inventé à votre insu.

La route fut un long fil de silence. Des maisons ancrées devant un soleil qui se déplie m’accompagnent depuis ce matin. Le jour et l’air de la mer s’allongent plus je m’approche de Den Hagg.

Ce n’est qu’à quelques kilomètres de mon arrivée que je ralentis. 

Je me laisse bercer une dernière fois par cette immensité et bénis les bateaux endormis sur le rivage.

Aux abords de la ville, je sors de la fête qui se joue dans ma tête pour éviter les collisions avec les voitures, les premiers citadins et les wagons de tram.

Devant cette réalité, mes yeux sont maintenant pleins de monotonie toute sherbrookoise, comme un vieux succès de Styx. Me voilà à Den Hagg, paysage urbain qui s’étend jusqu’à la mer.

Du calepin de notes de Claude, d’un coup d’œil, je cible le Binnenhof. Le trajet n’étant pas trop long, il n’ajoutera rien de plus à l’ennui de cette ville et nous pourrons revenir à l’hôtel pour arpenter les longs chemins du désir.

Mauristhuis

Ai-je à peine eu le début d’une pensée sulfureuse que je fus arraché par une intempérie de beauté architecturale. Comme si je me trouvais au milieu d’une exposition. Là où les lignes modernes des nouvelles tours contournent les traces d’hier sculptées dans les bâtiments ancestraux.

Le Mauristhuis, le palais de la paix, l’église Saint-Jacques, le Het Oude Stadhuis, le Ccial, la tour Hoftoren, l’hôtel de ville, la bibliothèque, la tour Castalia, la gare, le passage. 

Tous ces bâtiments, par leur posture, leurs sillons vers le ciel, leurs reflets dans le soleil, les jeunes comme les anciens, fendent le cuir durci de mon mépris pour cette ville.

Guidé par les couronnes suspendues dont la lumière réverbère le long de la rue qui mènent au palais Noordeinde d’où le roi s’assure que la « jeune fille à la perle » de Vermeer ne soit plus oubliée encore 200 ans, je m’apaise et retourne à l’hôtel avec comme seule pensée…

By:


Laisser un commentaire

En savoir plus sur BECYK REPUBLIC

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture