ROULER EN SOLITAIRE

Moi, tout le monde m’attendait au tournant.
Voilà pourquoi j’ai décidé d’aller
tout droit.

Coluche

Très rarement, je traine sur les terrasses. Je n’ai pas ce discours politique du preneur de café. Ni celui qui murmure le passé en croyant qu’il y avait plus de futurs que maintenant. Pourtant, j’aime retourner rouler sur les mêmes routes question de voir comment le futur a changé le présent.

À les refaire, souvent en solitaire, les creux, les montées, les courbes et les tout droits vibrent dans ma mémoire comme un vieux réflexe. Je laisse le temps rouler et mon esprit dériver. Je me surprends, parfois, à parler à mon père.

S’il roule avec moi ?

Non! Il est mort.

Si je trouve bizarre de parler avec un mort ? Non ! Ce n’est pas plus bizarre que ceux qui parlent toujours d’eux-mêmes et qui, à la limite, le font pour être certains que quelqu’un les écoute.

Quand je n’ai plus rien à dire à mon père, car un père spirituel n’est pas forcément un papa rigolo, je me demande si, comme petit emploi, je ne pourrais pas rédiger des chroniques astrologiques.

  • Poisson, vendredi est votre pire jour de la semaine.
  • Taureau, évitez les voyages en Espagne.
  • Cancer, faites un dépistage.
  • Balance, essayez de perdre du poids.

Cette race de monde !

Le simple fait de nommer une chose fait croire qu’elle existe. Biais de réification qui consiste à penser qu’une chose existe du fait qu’elle est nommée comme allant de soi.

Êtes-vous comme moi, témoin des illusions cognitives des automobilistes victimes d’un biais de réification ?

Tentez, à une intersection quelconque, de comprendre les raccourcis de la pensée qu’empruntent les automobilistes.

Demandez-vous, ensuite, si la tâche cognitive exigée pour respecter le code de la sécurité routière est trop élevée pour le commun des conducteurs ?

Comme bien des cyclistes, je tente toujours de deviner les signes avant-coureurs du conducteur éconduit.

De ma selle de vélo, reconnaitre le conducteur intolérant, celui qui démonise l’adversaire, est fréquent. Son mépris envers le cycliste qui semble ne pas respecter le Code de la route ou qui empiète un peu trop sur la voie cautionne une forme de violence faisant ressortir cris, blasphèmes et solutions simplistes ou radicales au problème du partage de la route.

De ma selle de vélo, sans effort, je reconnais ces autres pilotes qui confond mauvaise idée et réalité en contrevenant au code de la sécurité routière. Ils le font si fréquemment qu’ils croient que c’est maintenant un droit. Leur droit.

Et si, par courtoisie, tu leur rappelles qu’ils ne peuvent faire cette manœuvre interdite, ils défendent férocement ce droit qu’ils n’ont pas !

Quels exemples de ces comportements récurrents répertoriés seulement en quelques heures dans le seul périmètre du centre-ville.

  • Immobiliser son auto sur un passage pour piétons.
  • Ne pas respecter les feux clignotants donnant priorité aux piétons.
  • Stationner sur une piste cyclable ou un trottoir.
  • Klaxonner la voiture devant pour qu’elle tourne à droite aux feux rouges.
  • S’inventer une 2e voie, là où il n’y en a qu’une, pour tourner à droite à une intersection.
  • Non-respect des interdictions à tourner à gauche.
  • Non-respect des sens uniques.
  • Dépasser sur une ligne double la voiture qui la précède lorsqu’elle effectue un virage à droite.
  • Non-respect des limites de vitesse dans les zones de moins de 50km/h.
  • Dépasser un vélo dans la même voie de circulation, ce qui est interdit.

À ces automobilistes !

Le simple fait de conduire en pensant que votre « J’ai l’doua » à ignorer le code de sécurité routière existe du fait que tout le monde le fait et, qu’à la limite, les policiers tolèrent ne peut vous laisser croire qu’il existe !

Entre temps, bonne route et soyez prudent !

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