Le temps d’une paix

Je retournais tous les itinéraires dans ma tête à chercher un endroit tranquille où rouler.

J’ignorais volontairement les routes où je croiserais musiciens, paddle surfers, végétariens, emmerdeurs, skaters, comptables et politiciens qui trompent leur femme.

Je biffais aussi celles traversant les villages qu’on te raconte depuis des lunes et qu’on n’y croit plus, en tout cas, pas tout. Et ces villes qui affichent leur puissance à démontrer leur capacité à gaspiller les taxes dans de nouvelles structures onéreuses.

Je recherchais un endroit où les vieux auraient tendance à y mourir. Une route que l’on oublie la première fois, mais qui s’enrichit dès la 2e.

Il en existe encore, par ici, de ces routes de compagnes que l’on croie abandonnées. Que la simple vue d’un cimetière donne envie de célébrer la vie tellement le calme s’ennuie.

Un chemin où la tranquillité passe entre les barreaux des clôtures. Où le soleil craque le bardeau des toits. Où les galeries des maisons s’abandonnent au silence et qui s’abrite aussitôt sous les colonnes d’arbres dès que le vent est debout.

Ce fut un des chemins entre Massawippi et Coaticook.

Je vous ai déjà parlé de mon ami ! Plus habitué à opérer, à diagnostiquer, à ausculter les cœurs battants, qu’à décrire les villes surpeuplées et côtoyer les « potlatch » contemporains. Cet ami qui aime le rythme lent de la vie rurale qui allume, de son immobilité, le temps et ralentit le sien.

« C’est la première fois que tu roules ici ? Tu vas aimer. Cette tranquillité qui berce la campagne, sans illusion, sans remodelage, sans maisons botoxés », disait-il.

Rien d’ostentatoire. Simple impression de plonger dans une autre époque.

Il me rappelle cette époque où des habitants, légèrement vieillards, aux mains imparfaites, créèrent chaque semaine d’une vie sans dimanche les hauteurs de ces collines. Comme si ces hommes, ces femmes voulurent reproduire la Suisse qu’ils n’ont jamais vue. Allant même jusqu’à nous faire croire que leurs vaches ont un accent.

Seul sur ces chemins, entre les vagues sinueuses d’épis qui nous houlent sur des kilomètres, je peux deviner leur souffrance, leur bonheur.

Le mien, mon bonheur, se termine sur la dernière déferlante au bout du chemin Vaillancourt.

Café et ruralité

Bien qu’elle soit à préparer les cafés, elle raconte comment ils ont, son mari et elle, transformé cette ancienne érablière en petit café rural. Discours sûrement très intéressant si je l’avais écoutée.  

Je me questionnais plutôt à savoir comment ils ont réussi à créer tant de bonté pour l’âme et l’estomac. À conserver ce goût sucré et doux de l’érable dans l’âme de cette maison.

Soudainement, je me suis rappelé le texte dans le Devoir de Maïka Sondarjee, professeure en relations internationales à l’Université d’Ottawa sur la mort de l’empathie.

 « Nous vivons dans un monde capitaliste. Nous ne sommes plus en lien les uns avec les autres, et dans le discours politique, on accuse l’autre de tous les maux, ce qui affecte notre sentiment d’empathie », disait-elle en entrevue.

Selon les spécialistes, l’empathie, c’est cette capacité que nous avons à ressentir les émotions des autres et à nous soucier de leur bien-être.

Je vous confirme que l’empathie est bien vivante chez Sacré Vice.

Itinéraire Café Sacré Vice
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2 réponses à “Le temps d’une paix”

  1. Quelquefois, je ressens comme une solitude émotive devant la vie, en société. J’ai donc apprécié naturellement la première partie de ton texte. N’arrête pas. Ne serait-ce que d’abord pour toi, et que tu en rejoins d’autres. 😊

  2. Merci de partager ces beaux récits! Bonne semaine!

    Martin Soucy Cell phone: 450-341-0684

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